Notre crématorium change de main

Le 10 mars 2017, sans consulter les ruthénois, Christian Teyssèdre et sa majorité ont décidé de confier la construction et la cession d’exploitation du crématorium de Rodez pour les trente prochaines années à une société privée. Lors du vote, Rodez Citoyen s’était abstenu. Il nous semblait – et nous semble toujours – qu’un tel service, d’autant plus sensible qu’il touche à la mort, devait rester un service public et ne pouvait être considéré comme une activité marchande.

Suite à la procédure d’appel d’offre, deux entreprises se sont portées candidates : la Société des crématoriums du Rouergue et du Quercy et OGF (Omnium de Gestion et de Financement). La première a été retenue. Or 5 mois plus tard, la société que nous avions écartée a racheté celle que nous avions retenue et la liquide aujourd’hui.

Mais qui est OGF ? Avec plus de 48 millions d’euros de bénéfices en 2019, le fond de pension Canadien qui engloutis les petites entreprises les unes après les autres et qui possède OGF n’a qu’un seul but : Faire des bénéfices.

La logique lucrative de cette société est illustrée dans la note 14 du Conseil Municipal du 19 mars 2021. Après à peine un an de fonctionnement, la société délégataire augmente ses tarifs de 3,99% comme le contrat de concession l’y autorise. A ce rythme, une crémation qui coûte aujourd’hui 575 €, en coûtera 817 en 2030, 1209 en 2040 et 1788 en 2050 au terme du contrat… Et tout ça hors taxes, et sans les frais de cérémonie et de pompe funèbre qui viennent en plus pour les familles déjà fragilisées par le deuil…

Que représente notre crématorium pour ces retraités canadiens ?

Lui confier notre service public revient à considérer les Ruthénois comme des consommateurs. A Rodez, la crémation n’est plus un service public mais un service à valeur marchande !

Le contrat de cession stipule « En cas de dissolution de la société exploitante, le concédant pourra prononcer la déchéance sans attendre que les procédures engagées aient abouti (notamment la clôture de la liquidation amiable). Cette déchéance pourra donc intervenir de plein droit, dès la date de dissolution publiée au registre du commerce et sans que le concessionnaire puisse prétendre à une quelconque indemnité. »

Nous sommes donc intervenus lors du Conseil Municipal du 19 mars pour demander à ce que soit envisagé de profiter de la dissolution de SCRQ pour rompre le contrat et étudier une reprise en régie ou tout du moins de soumettre à nouveau à la concurrence lors d’un nouvel appel d’offre afin de renégocier les tarifs applicables par le délégataire et de ne pas rester les mains liées pendant 29 ans encore avec cette société que nous n’avons pas choisie.

Mais il nous a été répondu par la municipalité en place que la crémation ne pouvait être géré que par un privé. Pourquoi la mairie n’acquiert-elle pas les compétences pour prendre en charge ce service public ? La municipalité en place doute-t-elle tellement de ses agents ? Et pourquoi ne pas faire appel à la reprise des salariés déjà en place et compétents ou à la formation ?

Rodez Citoyen continuera à défendre le service public. Ce service que l’on rend aux citoyens ne doit pas être géré par le secteur privé pour qui le profit est le seul objectif !

2 thoughts on “Notre crématorium change de main

  1. Dans la suite logique D’EN MARCHE , tout pour les marchés financiers même le sort des morts.
    Ces gens, nos élus, n’ont aucune “figure” comme on dit si justement dans le midi. Rien d’humain. Merci pour ce partage

  2. bonjour,
    je ne connaissais pas toutes ces manipulations , mais je pense qu’il faut alerter la presse . Où se trouve un brin d’humanité avec de telles procédures et dans des moments de vie difficiles? C’est grave de traiter les habitants de l’agglo et du département, voire des départements voisins uniquement comme des consommateurs et non des citoyens à qui on doit aussi des services. Scandaleux

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