Se souvenir de la Commune

Le 21 mai 1871 commençait la répression de la Commune de Paris. Les militaires de la République Versaillaise exécutèrent en masse les parisiens insurgés. Le nombre de victimes est encore mal connu, on estime à probablement 20 000 morts le bilan de ce qu’on appellera la Semaine sanglante.

La Commune de Paris, et ses quelques répliques en Province (Toulouse, Narbonne, Lyon, Marseille, Limoges, Bordeaux…), est une expérience de démocratie sociale où le mouvement ouvrier prend en main les décisions politiques le concernant. Elle instaura ainsi la limitation du temps de travail, la fin du travail de nuit, l’égalité salariale homme-femme, la liberté de la presse, la séparation de l’Église et de l’État…

Cette farouche volonté de justice sociale fera peur aux élites économiques et politiques de l’époque. Peu d’intellectuels prendront la défense de la Commune. Hormis Vallès, Verlaine, Rimbaud, et – très timidement – Hugo, les écrivains français auront des propos d’une grande violence à l’encontre des communards. Ce qui n’est pas sans nous rappeler le traitement médiatique dont furent victimes les gilets jaunes, les époques changent, les clivages restent.

Pour conclure en cette période d’élections régionales et départementales, nous ne pouvons que reproduire ce très beau texte rédigé par le Comité Central de la Garde Nationale en guise d’appel au vote en mars 1871, toute la philosophie anti-autoritaire de la Commune est résumé dans ces quelques lignes :

Citoyens,

Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre vie, souffrant des mêmes maux. Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne consultent que leur propre intérêt et finissent toujours par se considérer comme indispensables. Défiez-vous également des parleurs, incapables de passer à l’action ; ils sacrifieront tout à un beau discours, à un effet oratoire ou à un mot spirituel. Évitez également ceux que la fortune a trop favorisés, car trop rarement celui qui possède la fortune est disposé à regarder le travailleur comme un frère. Enfin, cherchez des hommes aux convictions sincères, des hommes du peuple, résolus, actifs, ayant un sens droit et une honnêteté reconnue. Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste, et c’est aux électeurs à choisir leurs hommes, et non à ceux-ci de se présenter. Citoyens, nous sommes convaincus que si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire, vous aurez trouvé des mandataires qui ne se considèrent jamais comme vos maîtres.

PS : en novembre 1871, quarante-quatre civils ayant participé à la Commune de Narbonne seront jugés à Rodez.

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