La présidentielle en dix questions

La campagne présidentielle française pose de nombreuses questions en terme de pratiques démocratiques. Elle a au moins ce mérite.

Est-il normal que des candidats clivants mais représentant de nombreux électeurs et électrices, peu importe l’opinion que l’on ait d’eux, aient du mal à trouver cinq cent parrainages, là où d’autres, désormais moins représentatifs accumulent plus de signatures que nécessaire ?

Est-ce un signe de bonne santé de notre système électoral lorsque 27 % de citoyens envisagent déjà de s’abstenir en avril prochain (enquête électorale réalisée pour Le Monde, par Ipsos-Steria le 18 décembre 2021) ?

Comment dépasser le malentendu entre un électorat qui vote par défaut ou pour faire barrage et l’élu qui considère son élection comme une adhésion pleine et entière à son programme ?

La primaire populaire a tenté d’apporter des solutions à ce marasme politique mais elle-même pose de nouvelles questions.

Peut-on impliquer des candidats contre leur gré ?

Peut-on s’autoproclamer légitime?

Est-on représentatif avec moins de quatre cent mille votants ?

Une candidate arrivée en tête de la primaire peut-elle parler au nom des votants qui ont soutenu un autre candidat ?

Que faire donc entre un système électoral à bout de souffle et des expérimentations encore maladroites ? Doit-on changer les règles du jeu ou le jeu lui-même ?

One thought on “La présidentielle en dix questions

  1. Je ne vois pas d’autre issue qu’un mouvement citoyen autonome pour faire entendre aux élus et candidats notre conviction qu’ils ne nous représentent plus. En ce sens, la primaire populaire “à gauche” est salutaire, et on ne peut pas ignorer un élan spontané de 400000 voix quand tout le monde peine à mobiliser un électorat. Que dit ce mouvement? Qu’il faut une union de la gauche face aux urgences, sinon on signe pour le statu quo. La candidate sélectionnée est investie de cette tâche, et bien sûr qu’elle est légitime pour ça. C’est la persistance dans la désunion qui rendra sa candidature illégitime. C’est peut être ça que payent les candidats clivants qui peinent à trouver leurs parrainages (voir serment de Romainville) De ce point de vue, les électeurs de droite qui ne se reconnaissent pas dans le président actuel feraient mieux d’en faire autant. Je suis d’accord: une démocratie saine doit laisser toute leur chance aux candidats clivants, c’est souvent par la rupture qu’on fait avancer les idées. Mais il est aussi des circonstances où s’accrocher à sa différence, c’est aller contre l’intérêt général. Et l’intérêt général devrait toujours passer avant les intérêts des partis. Notre système électoral a ceci d’extraordinaire que même avec 90% d’abstention il peut continuer à fonctionner : à 350 voix contre 310/ x millions, on aura un président. L’abstention ne sert à rien. C’est pourquoi si ,par malchance, nous n’avons aucun candidat capable de nous représenter, je trouverais préférable que nous allions tous en masse voter nul (un bulletin barré ou marqué “ça suffit”) pour signifier que notre système maintenant à bout de souffle doit être changé. Montrons qui est majoritaire, et que l’irresponsabilité n’est pas de notre côté.

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